Type et date de soutenanceSoutenance de thèse

Construction sociale d'un marché de farine infantile à Madagascar

Andriamanalina Razafindrakoto

Résumé :, La malnutrition chronique touche 40% des enfants malgaches en 2018. Pour y remédier, dans un contexte d’économie de marché faible en financements publics, s’est développée une expérience d’entreprise sociale tentant d’allier logique entrepreneuriale et réponse aux besoins d’une population peu solvable: plus de 81% de la population malgache se situent en deçà du seuil de pauvreté en 2021. Cette institution a pérennisé l’action d’un programme contre la malnutrition engagé depuis 25 ans, lequel a développé un produit appelé Koba Aina, une farine infantile enrichie sensée réduire ce fléau de manière préventive. La présente thèse interroge la problématique de marchandisation d’un produit à vocation sociale à partir de la logique institutionnelle mise en place, de ses acteurs et de ses résultats. En plus de la microéconomie de la qualité, la socioantrhopologie de la consommation, de l’alimentation, de l’aide et du développement, elle mobilise le concept d’investissement de forme issu de l’économie des conventions, une théorie de l’action située fondant son programme de recherche sur la pluralité des modes de coordination et celui de système d’action concret, de la sociologie de l’action organisée, afin d’analyser les jeux d’acteurs, leurs stratégies, et les enjeux. L’analyse concrète des processus en oeuvre et de leur résultat a été conduite à partir de plusieurs sources, archives internes du projet et de ses partenaires institutionnels, observations participantes, et de 125 entretiens semi-directifs réalisés principalement en langue malgache entre 2013 et 2022. Un des grands défis de cette thèse réside dans la valorisation des connaissances produites en socio-anthropologie dont l’utilité a été prouvée que ce soit pour la compréhension des phénomènes sociaux, ou pour établir des liens pérennes avec les acteurs locaux, mais plus spécifiquement pour saisir les questions de l’adhésion et de l’appropriation du service ou du produit diffusé dans le cadre de ce projet. Au total, notre thèse contribue à renouveler la compréhension des programmes de nutrition infantile sur un cas concret en proposant une analyse de l’intérieur. Elle peut servir de point de départ pour d’autres réflexions sur l’économie sociale et solidaire, les modèles hybrides, ou le renouvellement des modes de financement des initiatives visant des questions sociales. Elle ouvre également sur de nouvelles façons d’aborder l’éducation nutritionnelle dans les projets de lutte contre les problèmes alimentaires en intégrant les dimensions hédonique, symbolique, économique, identitaire des aliments. Les limites de notre recherche non financée tiennent à son caractère local délibérément choisi et au manque de dialogue interdisciplinaire pendant le terrain. Notre travail se présente en quatre chapitres: le premier est dédié à la description de l’objet qui conduit à la problématique et à la méthodologie. Le deuxième et le troisième décrivent le passage d’une phase intensive d’action sociale à un marché. Le quatrième explore la qualification de l’offre à la fois par les consommateurs et par les institutions partenaires., Jury,
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  • M. Jean-Bernard Ouédraogo (Directeur de thèse), EHESS
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  • Mme Emmanuelle Cheyns, CIRAD
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  • Mme Chantal Crenn, Université Paul Valéry Montpellier 3
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  • M. Claude Fischler, CNRS
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  • M. Pierre Janin, IRD
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  • M. Philippe Lavigne-Delville, IRD
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  • M. Lucien Razanadrakoto, Université d’Antananarivo
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